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Lutte fratricide



Me rappelant, un matin, de ma rencontre avec Jaehaerys Ier et son épouse Alysanne, survenue bien des années auparavant (suspecté d’avoir volé un oeuf de dragon à Fossedragon, j’avais été conduit devant la justice du Roi), j’entrepris de m’enquérir de l’histoire de ses héritiers. Il faut dire qu’il avait, à l’époque, suscité ma curiosité en me contant les hauts faits de ses ancêtres. L’avenir de sa noble maison n’était donc pas sans éveiller mon intérêt.


Parcourant quelques rouleaux de parchemins détaillant le lignage de la Maison du Dragon, je pus finalement m’orienter vers l’ouvrage à même de satisfaire mon désir d’en savoir plus : la Danse des Dragons, écrit par le Grand Mestre Munkun.


M’installant confortablement dans un coin ensoleillé de mon atelier, je m’étais alors attelé à la lecture du précieux volume. J’y découvris avec stupeur les difficultés liées à la succession de Jaehaerys, puis, avec une consternation allant grandissant, le conflit qui éclata à la mort de son successeur le Roi Viserys 1er. Opposant sa fille aînée - Rhaenyra - à son deuxième enfant issu d’une nouvelle union - Aegon -, le conflit divisa la famille en deux branches. D’un côté les Noirs, qui clamaient la légitimité de Rhaenyra, puisque désignée par son père comme devant régner à sa suite, et de l’autre, les Verts, partisans de l’application des règles de la primogéniture mâle, souvent appliquée au sein du Royaume. Bien que courte, la guerre qui découla de cette lutte fratricide n’en fut pas moins meurtrière. Elle provoqua la disparition de nombreux héritiers présomptifs et ne prit fin qu’à l’accession au trône du fils de Rhaenyra, après la mort de tous les protagonistes du conflit. Nombreux furent également les Dragons à périr durant cette brève période. Exsangue et ayant perdu de nombreux cracheurs de feu, la Maison du Dragon sortit considérablement affaiblie de cette période troublée, à croire qu’elle était la seule à pouvoir se mettre à bas.


Résolu, je me mis au travail avec la volonté de donner vie à de nouveaux dragons dont les couleurs nous rappelleraient les vicissitudes des luttes de pouvoir.


Me dirigeant vers mon établi, j’y fis place nette en balayant d’un revers de manche les rouleaux qui s’y étalaient. Portant mon attention sur l’étagère sur laquelle trônaient diverses fioles étiquetées, j’en pris quelques-unes. Allumant le feu sous mon alambic, je mis à bouillir le contenu de l’une d’elle : quelques gouttes de sang de dragon. Dans le même temps, me saisissant de morceaux de charbon provenant d’un lointain volcan, j’entrepris de le réduire en une fine poudre à l’aide d’un mortier et d’un pilon de pierre. Ces ingrédients me serviraient à la création d’œufs noirs aux reflets rouges.

Parcourant rapidement les écritures de mon grimoire, j’entrepris, en parallèle, de travailler à reproduire l’équilibre instable du feu grégeois à l’aide de salpêtre, de soufre et de quelques substances résineuses trouvées lors de certaines de mes pérégrinations. La précision étant de mise, je pris le soin de précautionneusement doser les ingrédients que j’utilisais. En plus de reproduire les propriétés particulières du feu grégeois, ces œufs en présenteraient également la couleur vert émeraude caractéristique.


Le travail continua de la sorte toute la journée durant. De temps à autres, des éclats de lumière colorée jaillissaient de réactions alchimiques en cours dans les chaudrons bouillonnants. J’avais ouvert la fenêtre de mon atelier pour laisser s’échapper les vapeurs produites par mes différents instruments et pour laisser entrer un peu de fraîcheur dans la pièce.


En fin de journée, mon établi était métamorphosé, recouvert de multiples récipients. L’air de la pièce, quant à lui, s’était considérablement rafraîchi. Fatigué, j’avais atteint mon but, les œufs de dragon étaient prêts !





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