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Vestiges de la Cité Engloutie




C’est à la consultation d’un passionnant ouvrage traitant de l’histoire d’une antique cité maritime engloutie, depuis, sous les flots, que me vint l’envie de repartir en exploration. Le livre, qui en plus de présenter les origines de la cité, en donnait un aperçu aussi vivant que détaillé, provenait du Refuge d’Uchronie. De passage pour rendre visite à Delkinn au Gardien et à la petite Chamane, j'avais profité de mon séjour sur place pour travailler dans leur officine et feuilleter les épais volumes de la grande bibliothèque qui réunissait le savoir des peuples anciens.

Absorbé par ma lecture, je senti naître en moi l’envie de découvrir, de mes yeux et à l’époque précédant sa submersion, cette cité, ses habitants et l’île sur laquelle elle se trouvait. Il faut dire que plus j’en apprenais au fil des pages, plus des visions fugaces des lieux me parvenaient, entre vastes espaces sauvages et imposantes pièces architecturales. Il fallait que je m’y rende !


La décision prise, je ne fus pas long à préparer mon paquetage. Rendu dans mes quartiers, je m’étais saisi de mon havresac et y avais glissé mon matériel habituel, quelques fioles de verre, de quoi prendre des notes ou réaliser quelques croquis ainsi que quelques ustensiles qui ne me quittaient que rarement. De retour dans la salle où se trouvait la bibliothèque, je saisis un rouleau de parchemin vierge pour laisser une rapide note à destination de mes hôtes, tous deux occupés ailleurs. Enfin, j’entrepris de décrocher l’une des nombreuses clefs qui ornaient ma ceinture - cadeaux de Delkinn - et l'approchai de la tranche du livre que je venais de refermer. Là, une ouverture en forme de serrure apparut.


*


Le soleil baignait de ses rayons les abords du port et sa lumière, reflétée sur les eaux scintillantes de la mer, projetait de multiples reflets sur les coques et les mâts des bateaux qui s’y trouvaient. Là, navires marchands et esquifs de pêche colorés déchargeaient leurs marchandises sous la veille silencieuse des montagnes alentour. Laissant traîner mon regard, celui-ci fut d’abord attiré par les gigantesques ouvrages de pierre qui les habillaient, avant de revenir progressivement vers l’endroit où je me tenais. Le son des vagues se mêlait aux voix des marchands et des habitants participant à l’ambiance effervescente de la rade. Ayant dans l’idée d’explorer les rues pavées de la cité, je me mis en chemin, me détournant quelque peu de l’agitation. Déambulant pendant plusieurs heures, j’eu la chance d’admirer les nombreuses maisons en pierre ornées de sculptures marines, qui rappelaient le lien étroit qu’entretenait l’île avec son environnement et l'importance de la navigation et du commerce pour la prospérité de ses habitants. Découvrir cette ville, dont je n’avais qu’entraperçu les contours au détour des pages d’un livre, eut une saveur particulière. L’émerveillement resta néanmoins teinté de tristesse, combien de ces habitants finiraient par disparaître engloutis par les flots déchaînés ?


*


Ayant pris le parti de loger quelques jours dans une auberge des parages, j’eu tout le loisir de poursuivre mon exploration et d’approfondir mes connaissances de la cité et de son fonctionnement. C’est donc tout naturellement que je me mis en route pour la partie occidentale de l’île, désireux d’en arpenter la côte et, peut-être, d’y collecter divers ingrédients. Le temps avait changé et le ciel, sombre et nuageux, semblait vouloir menacer l’imprudent qui aurait eu l’audace d’aller parcourir la lande. Cela ne m’arrêta cependant pas. 

Marquée par un relief plus escarpé, et une végétation abondante par endroit, la côte occidentale offrait une vision dégagée vers l’ouest lointain. C’est de là qu’un jour viendrait la grande vague provoquant la disparition de l’île et de ses habitants. De cette hauteur, je pus repérer un étroit sentier à flanc de falaise qui menait vers la plage située en contrebas. J’en pris donc la direction, ayant dans l’idée d’y collecter divers ingrédients. Herbes, algues, fragments de rochers aux couleurs particulières et coquillages rejetés par la marée, vinrent prestement rencontrer le fond de ma besace. Les flacons que j’avais pris avec moi, eux, furent remplis de sable et d’eau de mer. M’arrêtant un instant pour contempler l’horizon, j’emplis mes poumons d’air iodé une dernière fois avant de quitter les lieux.


*


Les jours qui suivirent furent consacrés à l’alchimie. De retour au Refuge d’Uchronie, je me mis au travail au sein de l’officine où mes hôtes travaillaient également. L’énergie créative qui régnait dans la pièce me permit d’être efficace et de réaliser ce que j’avais en tête. Les souvenirs de l’île prirent progressivement forme, issus de la transmutation des ingrédients glanés lors de mon voyage. Les œufs de dragon qui résultèrent de ce procédé présentant tous des teintes rappelant les fonds marins, je pris la décision de les rendre à la mer. Me rendant non loin de l’île engloutie, je les déposai sur le rivage, comptant sur la marée pour faire le reste et espérant qu’ils puissent veiller, plus tard, sur l’intégrité des vestiges de la cité engloutie, gardant les sépultures de ses derniers résidants.





Cette collection est composée de 4 œufs de taille moyenne dont 2 présentant une orientation d'écailles différente et d'un œuf plus imposant.


La mise à jour de la boutique aura lieu le 19 mars à 21h00.

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